Le spectacle « Vienne Lunaire » a été vu par la classe de 3è5 avec Mme Périn le vendredi 18 mai 2018.

Ce que dit le site du théâtre de Cornouaille :

Vienne lunaire

Arnold Schönberg / Alban Berg

Het Collectief / Reinbert De Leeuw

Après deux passages particulièrement appréciés des mélomanes fidèles spectateurs de Sonik, le Het Collectief nous revient pour un nouveau concert exceptionnel. Avec ces trois oeuvres majeures d’Arnold Schönberg et d’Alban Berg, ce fabuleux ensemble flamand dessine le paysage musical des premières années du XXe siècle viennois. Un hommage vibrant, d’une éclatante modernité.

1899 - 1912. Treize années séparent l’ample souffle orchestral de La nuit transfigurée, présentée là dans sa version pour piano, violon et violoncelle, et le fameux sprechgesang ou « chant parlé » du Pierrot lunaire, interprété par Marianne Pousseur, dont la voix fait ici merveille. Treize années durant lesquelles le compositeur rompt définitivement avec l’héritage post-romantique pour inventer un nouveau langage musical. Pourtant, les deux œuvres ont beaucoup en commun, à commencer par le génie de leur auteur Arnold Schönberg, qui avec ces partitions à valeur de manifeste, marquera de son influence toute une génération (aujourd’hui encore, Pierrot lunaire est considérée comme une oeuvre charnière de l’histoire de la musique). Elles s’abreuvent aussi l’une et l’autre à une source poétique, le recueil de Richard Dehmel pour la première et celui d’Albert Giraud pour la seconde.

De la sensualité lyrique d’une conversation nocturne entre deux amants, à l’évocation symbolico- décadente d’un personnage de la commedia dell’arte, une même toile de fond : la Lune, astre mystérieux aux forces troublantes. Aux pupitres, le Het Collectief, placé sous la direction de Rienbert de Leeuw, magnifie l’expressivité du compositeur dans une fusion sensuelle entre texte et musique. Le programme est complété par les Vier stücke d’Alban Berg, quatre pièces pour clarinette et piano écrites en 1913, par celui qui fut l’un des plus brillants élèves de l’inventeur du dodécaphonisme.


Le Télégramme du 20 mai 2018 :

Festival Sonik. « La Vienne lunaire » fait le plein au théâtre Max-Jacob

Légende de la photographie : Le public a réservé plusieurs rappels aux excellents musiciens du Het Collectief.

Vendredi, en début de soirée, le festival Sonik proposait, au très nombreux public réuni au théâtre Max-Jacob (un lieu idéal pour le programme prévu), un fascinant voyage au coeur de « La Vienne lunaire ».

Le Het Collectief, habitué du festival Sonik, a comme d’habitude démontré son sens de la poésie, dans un répertoire alliant les oeuvres d’Alban Berg et d’Arnold Schönberg. Édition après édition, Sonik prend son envol et ce serait dommage de couper cet élan en changeant sa formule ou sa programmation. Ainsi, plusieurs auditeurs, ont poussé la porte du théâtre, vendredi, simplement « pour entendre » une musique pour eux inconnue. Les sensibles « Vier Stücke » de Berg réunissent le piano et la clarinette. Ces pièces brèves, conviennent parfaitement à la sensibilité musicale de Thomas Dieltjens (piano) et Julien Hervé (clarinette). Dédiées à Schönberg, elles font référence à certaines de ses oeuvres, puisent dans le passé musical germanique et exigent de ses interprètes rigueur et musicalité.

« La nuit transfigurée »

Écrite sur un poème de Richard Dehmel, « La nuit transfigurée », de Schönberg, raconte la dramatique histoire d’un couple à la veille de son mariage. Présentée ici dans la version d’E. Steuermann, elle garde son intensité poétique.
La musique reflète les sentiments qui agitent les protagonistes. Avec grande finesse, les musiciens jouent cette partition, pleine de couleurs sombres parfois. Une sorte de lumière semble jaillir lorsque la musique va s’éteindre. L’émotion est grande dans la salle et le public s’immerge dans cette musique si expressive. Et lorsque, ici où là, le thème musical de l’oeuvre transparaît ou s’impose, on savoure.

« Pierrot lunaire »

Changement de ton, avec le « Pierrot lunaire » de Schönberg. Composé en 1912, sur sept poèmes du Belge Albert Giraud, cette oeuvre grinçante qui fait appel à une technique vocale particulière (« Sprechgesang », autrement dit le « parlé chanté), est le reflet de l’âme d’un compositeur qui s’interroge sur les sentiments contradictoires qui l’agitent après la disparition de Gustav Malher. Tandis que les mots dansent sur l’écran placé au-dessus des musiciens, Marianne Pousseur déclame les vers, magnifiquement accompagnée par les musiciens dirigés par Klaas Verpoest. Drame, atmosphère délétère, l’oeuvre retrace, éloquente, le climat berlinois du début d’un siècle qui va changer les arts et le monde.

© Le Télégramme -20-05-2018