Cet article était dans l’édition du samedi 10 février 2018 du journal Le Télégramme. Vous avez également un second article du vendredi 16 février en pièce jointe.

Légende de la photographie : Petr Forman, metteur en scène, en plein montage de son saloon-cabaret.

Avec « Deadtown », les frères Forman partent à la reconquête de l’Ouest, en mêlant théâtre, musique et cinéma. Plusieurs représentations de ce spectacle seront proposées la semaine prochaine, sur le parvis du Théâtre de Cornouaille. Rencontre avec le metteur en scène d’origine tchèque Petr Forman.

Après « Obludarium » et sa baraque foraine peuplée de freaks, le théâtre des frères Forman revient avec « Deadtown » où, dans le décor d’un vieux saloon, défileront cabaretiers, illusionnistes, bandits et belles femmes. « On y parle de western mais on y parle aussi beaucoup d’une époque. On est au début du XIXe siècle, l’époque où il y a eu beaucoup d’innovations aux États-Unis mais aussi en Europe avec les premiers enregistrements sonores, le phonographe, la photographie et les premiers films », émet Petr Forman, en plein montage de ce nouvel espace de 260 places implanté sur le parvis du Théâtre de Cornouaille. Un lieu conçu lors d’une précédente tournée, avec le cirque Dromesko, du spectacle « Les voiles écarlates » d’après un livre d’Alexandre Grine.

« On est un peu old school »

« On est un peu old school. J’ai fait une école de marionnettes, mon frère bricole. Ça évolue énormément les techniques et on ne peut pas les éviter mais on les utilise à notre façon. On essaye de garder les rênes du cheval », poursuit Petr Forman qui, dans ce spectacle, rend hommage à ces pionniers qui ont su par leur fantaisie, leur audace poser les bases des technologies qu’on utilise aujourd’hui.
« On commence par une ambiance de cabaret et, après, c’est un peu comme si un magicien avait ce rêve de western et qu’on est transposé là-bas avec des images aux couleurs sépia », décrit le metteur en scène, qui aime avant tout le changement quand il va ou qu’il fait du théâtre.

Clin d’oeil au cinéma

Et de citer parmi ses sources d’inspiration des précurseurs tels que Mélies mais aussi des grands noms du western spaghetti, Sergio Leone et Ennio Morricone, ou encore son père, le réalisateur Milos Forman, qui, dit-il, ont su prendre des risques « pour creuser ce champ du cinéma ». Et y aura aussi de l’animation conçue par le jeune artiste tchèque Josef Lep ?a, et de la musique avec un petit orchestre reprenant des compositions de Marko Ivanovic mais aussi des morceaux qui ont marqué l’histoire du cinéma. « Dead town », qui réunit 18 comédiens-circassiens et musiciens, devrait réjouir le public avec sa vision de l’Ouest américain à la sauce slave. Une aventure rendue possible grâce au soutien de lieux de diffusion comme la Scène nationale quimpéroise et qui a débouché sur une tournée d’une centaine de dates en France.

Pratique

« Deadtown » par le Théâtre des frères Forman, de mardi à samedi prochain, à 20 h, et dimanche 18, à 16 h, sur le parvis du Théâtre de Cornouaille. Dès 8 ans. Tarifs : de 10 à 26 €. Renseignements au 02.98.55.98.55.

© Le Télégramme-10-02-2018

Dead Town 2