La classe de 3ème4 a assisté à cette pièce de théâtre au théâtre de Cornouaille le samedi 3 décembre en soirée avec Mme Rabot. Découvrez l’article Le Télégramme et celui du journal Ouest-France.

Théâtre. « La Résistible ascension d’Arturo Ui » à l’affiche ce soir

Après un Cyrano, remarqué et discuté, le metteur en scène Dominique Pitoiset met en scène « La Résistible ascension d’Arturo Ui » de Berthold Brecht. Il fait ici à nouveau appel à Philippe Torreton qui s’empare avec vigueur du rôle de Ui. La pièce est présentée ce soir au Théâtre de Cornouaille.

En 1941, alors qu’il séjourne en Finlande, Berthold Brecht écrit « La Résistible ascension d’Arturo Ui ». La pièce originale, parabole du nazisme, transporte son spectateur à Chicago où s’opposent le Trust du Chou-fleur et les tueurs au chômage réunis autour d’Artur Ui. Dominique Pitoiset place son intrigue en Europe. Quelque part où « un cartel d’industriels » recherche des subventions. À quelques pas, Arturo Ui et ses sbires rêvent du pouvoir. Arturo apparaît tout au début de la pièce tenant entre ses mains ce qui pourrait bien être un exemplaire de « Mein Kampf ». La mise en scène de Dominique Pitoiset navigue entre deux époques. Son propos est, comme le soulignera plus tard Philippe Torreton, très politique. En racontant hier le nazisme, la corruption, les magouilles, il veut établir un parallèle avec la situation politique en Europe, en France aujourd’hui. Le spectateur avoue « avoir un peu de mal à effectuer ces allers et retours » qui ne vont pas forcément de soi.

Des musiques qui n’arrivent jamais par hasard

La musique joue ici un grand rôle et n’arrive jamais par hasard.
Le Choeur des Hébreux, tiré du Nabucco de Verdi, dirigé ici par Riccardo Mutti, raconte un épisode qui s’est réellement passé à l’Opéra de Rome en 2011. « La Marche de Radetzky », de Strauss, est dirigée par Karajan, dont on connaît l’attachement au IIIe Reich, même chose pour les « Carmina Burana » de Carl Orff qui était ne l’oublions pas le musicien officiel de ce même IIIe Reich… Comme pour mieux souligner le côté un peu pitoyable des personnages, Pitoiset les fait s’enlacer au son de « Besame Mucho ». La vidéo montre des émeutes violentes des banlieues de tous pays comme pour dire que le monde entier est en danger. Et pour finir, un drapeau français flotte sur l’écran. Des mots se détachent sur ses couleurs : identité, inégalité…. La pièce va tourner durant toute la campagne pour la présidentielle 2017. Gageons qu’elle ne laissera personne indifférent et provoquera largement le débat.

Pratique
« La Résistible ascension d’Arturo Ui », au Théâtre de Cornouaille, ce soir, à 20 h ; tarifs : 25,50 €, 33 €, Pass 15 €, 23 €. Renseignements et réservations au théâtre de Cornouaille. Tél. 02.98.55.98.98.

© Le Télégramme 03-12-2016

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