Mme Besson et Mme Danière ont invité M. Michel Van Praët, retraité du Muséum National d’Histoire Naturelle, spécialiste des coraux. Il a rencontré la classe de 6ème7 le lundi 2 décembre 2019.

Cet exposé sur les coraux est la suite du projet « Under The Pole ».

M. Michel Van Praët a commencé par un exposé sur les coraux, les présentant du « grand vers le petit » (de l’échelle de la colonie à l’intracellulaire) puis s’est prêté au jeu des questions préparées durant le cours de français avec Mme Besson.

Quand on pense coraux on pense mers chaudes et récifs. Or, même s’il est vrai qu’ils sont très présents dans les mers chaudes, les coraux sont présents dans toutes les mers du globe, y compris à grande profondeur.

Ce sont des animaux qui appartiennent à l’embranchement des Cnidaires, tout comme les méduses, les anémones de mer et les gorgones que l’on trouve aussi chez nous. Cet embranchement est caractérisé par la présence de cellules avec des harpons urticants leur permettant de capturer leurs proies. Chaque individu est appelé polype : solitaire chez les méduses et les anémones, ils sont organisés en colonies chez les coraux durs qui construisent les récifs ainsi que chez les gorgones et autres coraux mous (ex : alcyons jaunes que l’on trouve beaucoup dans la région).

Dans les colonies, chaque polype fait maximum quelques millimètres. Chaque polype possède un système nerveux diffus qui lui permet de repérer ses proies (qui ensuite seront empoisonnées et collées par les tentacules pour être apportées dans la cavité stomacale pour être digérées ; les déchets seront rejetés par le même orifice).

Les coraux vivant à faible profondeur abritent dans leur organisme des algues microscopiques (appelées zooxanthelles -ronds verts sur photos 7 et 8-). Celles-ci utilisent l’énergie lumineuse pour leur photosynthèse : elles « mangent » du dioxyde de carbone et fabriquent des sucres (pour leur fonctionnement et leur croissance).

Comme elles en fabriquent beaucoup, les polypes en profitent : cela complète leur alimentation.

En retour, les algues profitent d’une protection et peuvent absorber les excréments des polypes. C’est donc une symbiose mutualiste : tout le monde y gagne !

Les coraux vivant plus profonds ne pouvant bénéficier de cette symbiose pour cause d’absence de lumière, leur croissance est beaucoup plus lente et ils ne construisent pas d’ensembles comme les récifs.

Le petit + / Info pratique : le venin des cnidaires est thermolabile (il coagule à la chaleur et devient inactif) : en cas de piqûre, il faut approcher une source chaude (allume cigare, briquet..). Ne surtout pas frotter car ça ferait éclater les cellules qui n’auraient pas déchargé leur venin.

Le problème actuel est la mort des coraux qui blanchissent. s’ils deviennent blancs c’est qu’on voit leur squelette calcaire quand les algues sont sorties des polypes.

Elles sortent pour 2 grandes raisons :

1/ si l’eau est troublée par des particules en suspension (ruissellement venant des terres en cas de chantier près de la côte par exemple) : elles reçoivent moins d’énergie lumineuse et peuvent moins se nourrir. Elles quittent donc leur polype pour essayer de trouver mieux ailleurs.

2/ si la température de l’eau augmente (et c’est le cas avec le réchauffement climatique) : elles sortent mais ne peuvent pas se réinstaller car l’eau est chaude partout dans leur secteur. Le corail va devenir fragile voire mourir car il n’a plus assez de nourriture (disparition du bénéfice de la symbiose). Etant fragilisé, le corail est aussi plus sensible aux maladies.

En dehors de cet effet regrettable sur l’écosystème, l’Homme en subira les conséquences car les récifs coralliens constituent une barrière protectrice du littoral contre les vagues et les tempêtes. Si les coraux meurent, cette protection disparaît. Par ailleurs, l’élévation du niveau de la mer étant plus rapide que la croissance des colonies de coraux, a protection diminue aussi de ce fait

Séance de questions réponses :

- comment se passe la reproduction des coraux ? :

elle se fait tous les ans. Les coraux libèrent leurs gamètes (cellules reproductrices) dans l’eau ; ils se rencontreront grâce à une attraction chimique entre eux ; la fécondation est donc externe ; cela donne un œuf puis une larve. Celle ci va en général dériver (fait partie du plancton) avant de se fixer sur un support solide avant de se transformer en polype. La reproduction reste encore assez mystérieuse : les libérations de gamètes semblent être synchronisées en fonction des cycles de températures et l’alternance jour/nuit (voire phases de la lune) au fil des saisons (des pontes de corail ont par exemple été observées aux environs de la pleine lune d’octobre) remarque : des problèmes de synchronisation entre les mâles et les femelles ont été notés (peut être liés aux changements de température de l’eau…)

- les coraux ont-ils des prédateurs ? :

Les oeufs et larves faisant partie du plancton ont un gros risque de se faire manger certains poissons (ayant un bec corné pour ne pas subir les effets du venin) se nourrissent de coraux, tout comme certaines étoiles de mer. Du corail en bonne santé « cicatrise » ; un corail fragile en meurt.

- Avez-vous vécu des aventures au cours de votre carrière ? :

« Oui, j’ai eu la chance d’aller en petit sous-marin prélever des anémones de mer au delà de 2000m de profondeur. Beaucoup de choses étaient encore à inventer techniquement… »

- Avez-vous toujours voulu être scientifique ? :

« Non, mais quand j’étais étudiant j’ai été très marqué par le film »le monde du silence« du commandant Cousteau »

- Et si les coraux pouvaient nous dire quelque chose… ? :

ils diraient que eux n’ont rien demandé et que l’élévation de la température les tue alors que eux nous protègent…, que les humains devraient réfléchir à la façon dont ils perçoivent et vivent avec les autres espèces.

Voir en ligne : Cliquez pour voir les photographies