Sur leur parcours vers la Chine, les deux amis ont fait de belles rencontres avec les habitants des pays traversés comme ici au Kosovo.

Partis le 13 septembre de Quimper à vélo, Simon Fournier, 27 ans, et Vincent Helpin, 26 ans, ingénieurs, viennent d’arriver à Zonguldak sur les bords de la Mer Noire en Turquie. Ils ont déjà parcouru 5.000 km. Il leur en reste 13.000.

Grâce aux parents d’un ami d’une jeune femme turque rencontrée sur les routes françaises qui les hébergent, les deux Cornouaillais ont pu faire une petite halte de deux jours et surtout passer le réveillon de Noël au chaud !

Êtes-vous dans les temps prévus ? Nous sommes arrivés dans les temps à Istanbul. En revanche, la pause a été un peu plus longue que prévue mais pas de quoi chambouler nos plans.

Avez-vous rencontré des difficultés ? Dans l’ensemble, nous avons l’impression que tout s’est déroulé sans problème jusqu’ici, d’autant plus que nous n’avons connu aucun vrai problème mécanique ni problème physique. Mais, en y réfléchissant bien, nous pouvons quand même citer un certain nombre de difficultés récurrentes auxquelles nous devons faire face au quotidien : trouver où dormir, la barrière de la langue, trouver de l’eau potable et aussi les chiens ! Depuis l’Albanie, nous croisons presque quotidiennement des chiens errants, souvent en groupes de deux ou trois individus, surtout en Grèce et en Turquie. Ces derniers ont véritablement une dent contre les cyclistes. Il y a aussi les chats qui en veulent à notre nourriture et les chauffards. Dès qu’il est au volant de son véhicule, l’homme se mut en chauffard. Cet animal-là semble se sentir un peu surpuissant et plus fort que les autres et nous devons rester constamment prudents. Les cars et bus sont ceux qui font le moins attention aux cyclistes. Nous avons eu aussi quelques pépins mécaniques : la béquille de Vincent a cassé de nouveau lorsque nous étions au Monténégro. Un mécano à Istanbul avait une « solution miracle » mais celle-ci n’a tenu que deux jours…

Quels sont les meilleurs moments depuis le départ ? Les rencontres et la découverte de superbes paysages. Nous avons eu le droit à tout type de rencontres et d’accueil avec le plus souvent des familles et des retraités. Mais à chaque fois les rencontres sont différentes : militaire, designer, ingénieur, étudiants, architecte, milice de garde d’une mine, berger kosovar, club de foot, association de motards ou encore des bonnes soeurs dans un monastère. L’arrivée à Istanbul compte définitivement comme un des moments forts de notre voyage à ce jour. Mais cette arrivée fut également un des pires moments de vélo jamais connu. Istanbul, cette gigantesque métropole de plus de 15 millions d’habitants, n’a pas d’autre accès depuis le Sud-Ouest que d’énormes quatre-voies pénétrant dans la ville jusqu’à son centre. Nous avons donc dû emprunter une de ces routes bondées à nos risques et périls, frôlés très souvent par de nombreux chauffards. Et cet enfer a duré plus de trois heures de l’extrême périphérie jusqu’au coeur de la ville.

Quel accueil recevez-vous ? Excellent ! Les gens sont vraiment sympathiques avec nous et cela dans tous les pays ! On ne compte plus les fois où, spontanément, quelqu’un est venu nous donner quelque chose à manger, un fruit, une part de gâteau, de l’eau, du café, du thé ou même, c’est arrivé, de l’argent ! La Grèce reste le pays le plus accueillant car nous avons été hébergés tous les jours !

Ce n’est pas trop difficile de passer les fêtes loin de vos proches ? Nos parents ainsi que nos amies respectives sont venus nous rendre visite à Istanbul. En outre, de nos jours, grâce à internet et à des applications de téléphonie via le web, comme Skype, il est possible de donner un peu de réalité et d’humanité aux nouvelles puisque l’on peut se voir à l’écran.

Quelle sera votre prochaine étape ? Un premier arrêt à Trabzon (trois jours prévus) puis, si tout va bien, nous serons ensuite arrêtés près de deux semaines à Téhéran. Dans ces deux villes nous devons prendre du temps pour des demandes de visas. Nous espérons arriver à Pékin à la mi-août.

© Le Télégramme - vendredi 2 janvier 2015