Cet opéra un peu fou est magnifiquement servi par de jeunes interprètes et un excellent orchestre..

La classe de 3ème3 et trois élèves de 3ème5 accompagnés de Mme Périn ont assisté à Mimi, scène de la vie de bohème dans le cadre de leur parcours du spectateur.

« Mimi, scènes de la vie de bohème ». L’opéra d’un siècle

« Mimi, scènes de la vie de bohème », « opéra » librement inspiré de La Bohème de Puccini, bouscule les codes, jette des ponts entre le monde d’hier et celui d’aujourd’hui. Émerveillant certains, en décontenançant d’autres, ce spectacle original et un peu fou, a tout de même été apprécié vendredi soir au Théâtre de Cornouaille. L’imaginative mise en scène de Guillaume Vincent et la beauté des lumières créent un décor à la hauteur de la pièce. Les personnages évoluent dans un chaleureux fouillis. Sur le plateau, une vieille voiture à demi découpée, des sofas, des tissus, des statues, des sapins, des ordinateurs, une radio… ce décor est à la hauteur du drame qui va se nouer. En arrière-plan, derrière un rideau de dentelle très 1900, l’orchestre, emprunte de multiples registres.

Une histoire devenue intemporelle

Le premier tableau, nous interroge. Quatre femmes chantent en solo, duo ou quatuor, installées sur un sofa. On reconnaît ici et là, des airs de l’opéra de Puccini. À vrai dire, on cherche nos marques. La musique oscille parfois très classique, fidèle au livret de 1896, parfois contemporaine. Aux deuxième et troisième actes, on se laisse aller et on goûte à cette histoire devenue intemporelle. Dans ce quartier latin, propice à la fête, le peintre, le philosophe, la mécène et leurs amis entrent dans une sorte de danse folle. Et voici que la musique épouse toute une époque, pleine de réminiscences : « Lulu » d’Alban Berg, « l’Opéra de Quat’sous », « Cabaret » (Brecht-Kurt Weill) ou à des oeuvres bien plus contemporaines empruntant au rock, au jazz… à la chanson napolitaine. Parfois, sur une radio lointaine, un ténor chante Puccini. Sur scène, le philosophe fait un cours sur la musique de Puccini, faisant revivre brièvement ses héros. Et la fête reprend ses droits, contemporaine cette fois. On s’amuse lorsqu’un personnage brandit une réplique miniature du fameux Plug qui a défrayé la chronique ces derniers temps. La neige tombe, Mimi frissonne et nous touche.

Mimi va mourir

La fête est finie, derrière le rideau, on devine un cortège mortuaire. Sur le devant de la scène, Mimi va mourir. L’opéra vériste (on meurt « en direct ») reprend ses droits. La lumière s’éteint, un long moment nous restons dans le noir. Le public applaudit, diversement, mais dans l’ensemble assez chaleureusement. On s’en souviendra.

© Le Télégramme - dimanche 16 novembre 2014