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Les collégiens fouesnantais ont été captivés par le récit des deux aventuriers.

Le Télégramme - 30 mars 2016

Vincent Helpin et Simon Fournier ont roulé pendant plus de onze mois et rallié la Mongolie au départ de Quimper. Les deux anciens élèves de Kervihan sont venus présenter leur aventure, vendredi, aux collégiens qui les ont suivis tout au long de leur périple.

Ils avaient baptisé leur projet « Quimper-Pékin » à vélo. Ils lâcheront les cale-pieds à Oulan Bator en Mongolie, après 19.605 km à la force des mollets. À 1.500 km de la capitale chinoise. Mais les deux jeunes hommes n’ont en rien un sentiment d’échec. Bien au contraire. Humainement, culturellement, ce voyage fut si riche. Seules des contraintes climatiques et de temps les ont forcés à mettre pied à terre. Dès le mois de septembre 2014, les élèves de Kervihan, alors en classes de 5e, s’étaient associés au projet de Vincent Helpin et Simon Fournier. Les deux ingénieurs souhaitaient réaliser une étude sur l’architecture dite « vernaculaire », transmise dans les communautés dans le but de respecter les traditions ancestrales. Avec en plus une petite touche de sport, de rencontres et de découvertes. Ils ont enfourché des vélos sans batterie et emprunté la « Route de la soie ». Pour éviter des contrées peu accueillantes telles l’Ukraine ou l’Afghanistan. « Nous avions opté pour l’hébergement chez l’habitant ou à la belle étoile  ». Une conduite dictée par un souci d’économie. « Au-delà de la Turquie, nous devions nous acquitter des droits de visas dans chaque pays  ». Un choix qu’ils ne regrettent pas.

Une autre vision du monde et de notre place

« Nous retenons la chaleur et la générosité des gens qui nous ont accueillis chez eux pour dormir, manger et échanger malgré les différences liées aux langues, aux religions et aux cultures.
Circuler à vélo laisse le temps de se rapprocher des gens et de s’imprégner des paysages. Nous avons beaucoup appris et avons une autre vision du monde et de notre place  ». Face au récit des aventuriers, les collégiens étaient sous le charme, admiratifs. Les questions ont fusé. Certains, restant pragmatiques, se sont interrogés sur leur quotidien à vélo. «  Nous avons roulé 227 jours sur 11 mois et demi. Les étapes sont liées aux délais pour obtenir les visas où aux rencontres  ».

De - 5 º C à plus + 45 º C

Un autre chiffre laisse pantois : le dénivelé cumulé. « 80.420 m soit seize fois le Mont Blanc  ». D’autres facteurs font froid dans le dos. « Nous sommes passés de - 5 ° C en Turquie à + 45° C en Mongolie ». Tous deux évoquent, sans s’épancher, le sujet des problèmes intestinaux inhérents à la nourriture et à l’eau. Mais, également, le danger sur les routes, la vitesse excessive des camions et les chaussées défoncées. «  Parfois, nous avons eu du mal à trouver à manger et un lieu pour nous reposer ».

Mais leur constat le plus amer restera à n’en point douter le manque voire l’absence d’éducation à l’environnement. Plus on avance vers l’est, la pollution de l’air, des eaux, l’amoncellement des déchets sont marquants. Vincent Helpin et Simon Fournier sont aussi frappés par la suppression de l’habitat traditionnel pour des constructions en béton (barres d’immeubles, habitat insalubre), et la place de la femme (traditions et religions).

© Le Télégramme