Simon Fournier et Vincent Helpin reviendront à la fin du mois, riches de découvertes, après avoir tordu un certain nombre de clichés et d’idées toutes faites qu’ils avaient en tête avant de partir.

Nous retrouvons Simon Fournier et Vincent Helpin, les deux jeunes ingénieurs fouesnantais partis à vélo vers Pékin, en septembre dernier. Les bons souvenirs se bousculent mais, alors que leur périple s’achève, ils restent tous deux abasourdis par la pollution, notamment des déchets plastiques, rencontrée dans la moindre des vallées perdues qu’ils ont traversées.

Quel est votre meilleur souvenir depuis votre départ ? Les paysages les plus extraordinaires que nous ayons vus se trouvent dans le Tyrol italien et autrichien, dans les Alpes, en Croatie, au Tadjikistan et au Kirghizstan, deux pays couverts de montagnes. Le Kirghizstan est un petit pays vraiment incroyable par la diversité et la beauté de ses paysages.

Et côté rencontres humaines ? Les Iraniens sont la grande surprise de ce périple. Ce sont des gens extrêmement hospitaliers, souvent très cultivés et toujours très avenants, loin des préjugés que nous avions sur cette nation avant de la découvrir. Nous n’avons pas pu tenir le décompte du nombre de fois où un Iranien ou une Iranienne est venu à notre rencontre pour nous proposer son aide, ou pour discuter. Nous garderons longtemps en tête toutes ces rencontres faites en Iran.

Et le moins bon souvenir, outre la traversée du désert chinois de Dzoosotoyn Elisen » (notre édition d’hier) ? La fin du mois de février en Azerbaïdjan n’a pas été le moment le plus plaisant du parcours. Après avoir connu deux semaines de redoux en Géorgie, revivre une grosse semaine de brouillard, de grand froid et de neige, alors que nous avions déjà eu notre dose au mois de janvier en Turquie, a été difficile pour le moral. Ensuite, bien que très touristiques, nous avons été déçus par la ville de Samarqand en Ouzbékistan, qui, pour reprendre la formule du journaliste Jérémie Berlioux, devrait plutôt être baptisée « SamarqLand ». Cette vieille ville chargée d’histoire a été reconstruite et rénovée par les pouvoirs publics d’une si mauvaise manière, avec tant d’artifices et rien d’authentique, que de s’y balader ne fait ressentir que bien peu d’émotions. Grosse déception.

Et plus largement, quel a été l’accueil des populations ces derniers mois ? Depuis le moi de mai, nous dormons beaucoup plus souvent en tente que chez l’habitant. Plusieurs raisons à cela : le climat et les grands espaces se prêtent bien au bivouac, les pays traversés sont, hormis la Chine, très peu peuplés, les quelques habitats sur les bords des routes sont depuis un certain temps, de petites maisons ou bien des yourtes où s’entassent des familles entières. Et puis, si nous dormons moins souvent chez les gens, cela ne change pas le fait que nous rencontrons encore beaucoup de personnes tous les jours.

Quid des contacts avec les Chinois ? Nous avons été agréablement surpris par l’accueil et la courtoisie des Chinois. Fin juillet, nous avons même été accueillis et invités au restaurant par l’administration chinoise d’une petite ville, dans le Nord de la province autonome du Xinjiang. Mieux, deux jours plus tard, au poste frontière sino-mongol, nous avons passé la frontière très facilement et nous sommes même vus offrir de la pastèque et de l’eau par les gardes frontières chinois. Ceux sont les gardes frontières les plus courtois que nous ayons jamais rencontrés.

Vous attendiez-vous à ce que vous avez vécu ? Tout n’a été qu’étonnement et remise en cause de nos idées préconçues et de nos préjugés. Nous avons néanmoins envie de décrire un fait dont l’ampleur nous a surpris et déçus. Il s’agit des pollutions du sol, de l’eau et de l’air engendrées par l’homme. Dans quasiment tous les pays, elles atteignent des niveaux désespérants. Même au fin fond d’une vallée perdue, partout où nous posions notre regard, nous pouvions apercevoir des déchets plastiques. La mondialisation débridée poussée par des multinationales aux dents longues et des dirigeants aux visions et politiques souvent court-termistes, a pour conséquence d’apporter dans des pays en développement la voiture et les emballages plastiques avant l’éducation à l’environnement et le centre de tri des déchets. D’ailleurs, nous sommes, depuis un moment, presque surpris lorsque nous voyons une poubelle publique…

Êtes-vous toujours dans les temps ? À chaque fois que nous avions à entreprendre des démarches d’obtention de visas, nous avons perdu beaucoup de temps sur le planning imaginé au départ. Malheureusement, nous ne pourrons probablement pas atteindre Pékin d’ici fin août et rentrerons sûrement en France depuis la Mongolie.

Quand serait alors prévu votre retour à Quimper ? Nous serons donc à Quimper début septembre. Nous ne serons d’ailleurs pas les seuls Sud-Finistériens à rentrer au pays à la rentrée, après de long mois à pédaler à travers le monde, puisque deux étudiants des Beaux-Arts de Quimper, partis à vélo il y a plus de trois ans, sont sur le chemin du retour, à vélo quand nous, nous avons choisi l’avion ! Leur projet s’appelle Géocyclab.

© Le Télégramme - Vendredi 7 août 2015